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20
Fév
2019
21:00

Disiz la Peste Rap

 

disponible

Tarif normal : 20 , Tarif réduit : 18 €, Tarif adhérent : 15 €




Le nuage ne passera pas par vous », « Aucune élévation significative de la radioactivité n’a été constatée ». Ce sont les déclarations officielles 29 avril 1986 suite à la catastrophe de Tchernobyl en Ukraine. Les Français s’inquiétaient de l’expansion du nuage radioactif qui se baladait en Europe. Disiz (Sérigne M.Gueye), 8 ans vivait seul avec sa mère, en HLM à Evry. Il se souvient de la présentatrice météo faire des gestes chorégraphiés devant une carte sur laquelle un nuage vert fluo, évitait avec bienveillance notre cher pays. Mais l’enfant lui vivait dans un autre climat, avec un autre type de radiations. Celui d’une mère seule et isolée. Il y a les radiations des catastrophes nucléaires et les radiations des catastrophes du destin. Comment ne pas devenir mutant dans certains contextes ? Comment ne pas être inadapté à la société ? Comment ne pas être irradié par son enfance ? Qui ne l’est pas ?

Telle est la trame de ce 12e album. Disiz est ZILLA !

Le 9 juin 2017 sortait Pacifique. Son 11e album, apprécié tant par

la critique que par le public.

Avec Zilla, Disiz met KO en 16 titres. C’est un album redoutable.

Un album de rupture brutale. Un disque feu, un disque fou. Disiz est un Kaïju (monstres Japonais) !

Dans cet album c’est le passé de Disiz qui se réveille. Ce passé lourd. « Je suis irradié, démembré au milieu d’un cratère, passé frelaté, pollué dans le ventre du mère » Comme il le dit dans Hiroshima, il a « l’Amour nucléaire ». Cette thématique récurrente de l’enfance hante ce disque. Avec Sofiane le rappeur du 93, il parle des Enfants des rues. Ceux de son premier roman (Les derniers de la Rue Ponty), les indigents, les orphelins, les laissés à eux-mêmes. Ceux qu’ils rencontrent depuis dix ans dans les foyers pour jeunes délinquants, ceux à qui il a donné des cours de dramaturgie au théâtre de l’Odéon pendant deux ans, ceux qu’il a rencontré en prison avec l’association Fujo de Mouloud Mansouri, toute cette jeunesse sacrifiée dont il fait partie et dont il s’inspire parce qu’il s’y reconnait.

DISIZ VIENT DE RÉVEILLER UNE BÊTE QU’IL ENTRAVAIT DEPUIS TROP LONGTEMPS. LES DIFFICULTÉS DE LA VIE ET LA SENSIBILITÉ DE CET ARTISTE AUTHENTIQUE ONT FAIT QU’IL NE POUVAIT PLUS LA RETENIR…

Serigne a grandi avec une mère qui sortait d’un chaos familial. Absence du père, précarité, climat gris. Tous ces monstres que l’enfant fuyait. Expert en storytelling, il nous les raconte dans lepuissant Terre Promise composé Guillaume de The Shoes. Morceau glaçant dans lequel Disiz dépeint à la perfection, la vision d’un enfant qui fait le satellite autour de l’astre d’une mère dépressive.

Dans Niquer la Fac produit par MiM, il évoque la position inconfortable des étudiants banlieusards à l’université. Il explose les mécanismes de cette société dans Fuck L’Epoque produit par Prinzly. Bombe nucléaire emprunte de Prodigy calibrée pour créer des pogos en concert.

Il est Mahboul. Dans sa tête, comme nous tous, il y a un fou qu’il retient. « Un fou qui fait des loopings ». Ce titre est produit par le Belge Ponko (Damso, Hamza…). Hymne à la folie dansante et assumée, cette chanson est un appel à la transe.

Produit par Pepside, Owi est la seule note de douceur au milieu de cette guerre nucléaire. Disiz chante comme un crooner du 21e siècle une petite balade avec une fille imaginaire. Est-ce la même femme dont il parle dans Monstrueuse ? ( Produit par Myd de Club Cheval et par Shady)

Dans Cercle Rouge ce sont d’autres démons qui ressurgissent. La violence, la haine, l’entre loups, la délinquance. Tous ces titans qui terrorisent l’âme des jeunes des quartiers à haut risque en France.

Disiz est un produit de cet environnement. Il est irradié par ces années d’errance dans cette zone du 91. « J’ai les stigmates de mon quartier, beaucoup de violence et d’amitié » « c’est toujours le

même symptômes, j’ai le banlieusard syndrome » Pour illustrer ce cycle de violence, il invite Niska le MC le plus chaud du 91 à l’énergie particulière. Les deux artistes parlent la même langue.

Cet artiste d’une Autre Espèce vient de livrer avec ce disque sa plus grande bataille. Combien de monstres intérieurs terrassés ? Combien de frustrations ? Combien d’échecs ? Combien de succès ? 12 albums, deux romans (Les derniers de la Rue Ponty / Réné), une pièce de théâtre (le rôle Othello aux côtés de Denis Lavant), du cinéma (dans tes Rêves avec Jean-Pierre Cassel et Beatrice Dalle), 20 ans de carrière et de mots pour décrire sa vison unique et particulière du monde. un monde qu’il a choisi d’affronter, là ou d’autre cèdent. Pour la première fois il pose un pied à terre et accuse le coup. « J’ai voulu affronter le monde, je suis sorti tuer des bandits, je me suis perdu en chemin »

Dans Ulysse, Disiz emprunte à l’Odyssée d’Homère, la figure du héros parti depuis bien longtemps.

C’est sa fille Eari qui chante « mon petit papa, ne t’inquiète pas, j’ai confiance en toi ».

Album monstre, album fulgurant, écrit, enregistré et mixé en 3 semaines cet hiver au Studio de La Seine. Disiz vient de réveiller une bête qu’il entravait depuis trop longtemps. Les difficultés de la vie et la sensibilité de cet artiste authentique ont fait qu’il ne pouvait plus la retenir…

Il est devenu DISIZILLA

 

Réalisation : Agence Multimedia Otidea